Moi… Mylène

Jean-Marie Périer raconte…

Le photographe a eu le privilège de photographier Mylène Farmer en 1999. Il revient sur ce shooting peu commun.

Février 1999, Mylène Farmer pose devant l’objectif de Jean-Marie Périer. Après bientôt 21 ans depuis cette séance pour le magazine ELLE, le photographe revient sur ce shooting marquant et peu commun.

"Elle avait cette belle qualité chère
à Simone Signoret : le don d’attention."

_ Jean-Marie Périer, Instagram le le 27 janvier 2020

Mylène Farmer. Paris. Février 1999.
J’avais déjà eu le privilège de la rencontrer à Los Angeles dans les années 80. Elle avait cette belle qualité chère à Simone Signoret : le don d’attention. Elle ne parlait pas d’elle, mais seulement des autres et le moment qu’elle m’accordait m’était entièrement consacré. Elle ne trichait pas, j’avais le sentiment de l’intéresser vraiment. Chose rare dans la vie.
Quelques années plus tard, un rendez-vous est pris pour le magazine « ELLE ». La veille de la prise de vues, elle m’appelle chez moi pour me prévenir gentiment qu’elle déteste se faire photographier, qu’elle n’aime pas se voir et qu’à partir du moment où un appareil photo se trouve dans la pièce, elle devient une autre personne. Je croyais qu’elle plaisantait. Mais pas du tout.
Le lendemain elle s’enferme dans la loge avec les stylistes, maquilleurs et autres coiffeurs.
Pour la sécuriser j’avais décidé d’utiliser une chambre 20/25 et des films Polaroid afin qu’elle puisse voir tout de suite le résultat des photos.
On fait une première prise de vue, je sors la plaque du châssis et la lui tend. Mylène pose l’épreuve sur une table et se penche pour la regarder de près. À ma grande surprise, elle reste dans cette position quatre bonnes minutes sans dire un mot. Puis elle se relève en dodelinant de la tête et dit doucement : « Non ! », et elle déchire la photo. Ce manège se reproduit une quinzaine de fois, sans agressivité aucune. Elle n’accuse personne, à l’entendre je ne suis coupable de rien, simplement, c’est « Non ! ». Tout à coup la seizième lui convient. Elle sort donc du studio pour changer de tenue. Je regarde la photo à mon tour avec insistance pour tâcher de comprendre ce qu’elle a de mieux que les autres.
Nous en garderons trois en tout dans la journée après avoir jeté une cinquantaine d’épreuves à la poubelle. Mylène a l’air content. Elle me remercie pour cette séance dont elle gardera apparemment un bon souvenir. Une fois seul dans le studio, je pense qu’il n’y a rien à comprendre et que de toute manière, elle est « sur la photo » donc elle a forcément raison.

Jean-Marie Périer

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